La future station d’épuration de Bêthemont-la-forêt et de Chauvry

Depuis plusieurs décennies, des pollutions chroniques impactent les milieux naturels du site classé de la Vallée de Chauvry. En cause, l’isolement de Béthemont-la-Forêt et de Chauvry des réseaux d’assainissement collectif. Malgré les fosses septiques installées individuellement pour épurer les eaux usées des habitations, une grande partie des effluents est encore contaminée et se déverse dans les ruisseaux situés à proximité.
Ainsi, les cours d’eau et par extension, la réserve naturelle du Marais de Stors, sont grandement impactés par ces problématiques de pollution.
Implantée sur une parcelle de 19 000 m², la future éco-station traitera les eaux usées des quelque 700 habitants présents sur les deux communes. Les eaux assainies rejoindront ensuite le milieu naturel via une zone de rejet végétalisée directement connectée au ruisseau attenant à la station : le ru des Glaises.
La future station de traitement écologique se caractérise par l’action conjointe des plantes et des micro-organismes. En effet, le système d’assainissement est basé sur la phytoépuration, un procédé naturel de dépollution des eaux. Les eaux usées seront acheminées dans deux bassins successifs remplis de différentes couches de substrats minéraux (gravier, sable, etc.) et de roseaux. De cette façon, les matières organiques solides seront retenues en surface par les différents substrats. Les bactéries évoluant sur le système racinaire ou à proximité des filtres plantés, décomposeront les matières organiques en éléments assimilables par ces mêmes végétaux.
À l’entrée de l’éco-station, un dégrilleur automatique effectuera un pré-traitement des effluents. Installé dans un canal dégrilleur et piloté par une sonde, il permettra de piéger les déchets solides puis de les compacter avant leur évacuation.
Une fois l’étape du pré-traitement effectuée, deux postes d’injection automatique (composés de deux pompes chacun) achemineront les eaux usées jusqu’aux bassins de dépollution. Les pompes fonctionneront en alternance par sonde radar et grâce aux deux poires de niveau de secours pour gérer leur enclenchement ainsi que leur niveau d’arrêt.
Plan de la station

Afin de parfaire la qualité des effluents, une zone de rejet végétalisée sera aménagée et assurera la continuité épuratoire des eaux vers le milieu naturel. La création de cette zone tampon offrira une solution plus durable comparée à une canalisation classique avec des avantages hydrauliques, écologiques et paysagers particulièrement intéressants :
1 – La réduction du volume d’eau rejeté dans le milieu récepteur.
2 – Un atout pour la mise en valeur du paysage.
3 – Un accueil favorable pour la biodiversité.
Différentes espèces de plantes hélophytes (dont les racines se développent dans un substrat gorgé d’eau) seront implantées dans la zone de rejet végétalisée. En plus de consolider les berges, de ralentir l’écoulement de l’eau et de favoriser l’infiltration, leur capacité épuratrice améliorera la qualité des effluents infiltrés ou rejetés.



Une ripisylve et quelques essences de plantes hélophytes viendront remplacer la végétation déjà bien présente, mais inadaptée aux rives de cours d’eau. Installées au bord du ru, elles maintiendront les berges, limiteront l’augmentation de la température de l’eau et deviendront des refuges pour la faune locale. Les capacités épuratrices du milieu seront également grandement améliorées.

Le chantier, commencé en début d’année, durera environ 10 mois et sera suivi en 2026 par les travaux de raccordement des habitations (durée prévisionnelle : 15 mois).
Voici des liens vers des vidéos réalisées par le SIARE.
Voici un lien vers un document sur le fonctionnement d’une station d’épuration identique.
https://www.eauxdevienne.fr/app/uploads/2022/03/Epuration-Filtres-roseaux.pdf